Toast du Président de la République lors du déjeuner d’État

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lors du déjeuner d’État

Monsieur le Président,

Je souhaite d’abord vous remercier, au nom de ma délégation, pour l’accueil que vous nous réservez dans votre pays et dans votre capitale. Astana, il y a quelques années était une ville d’à peine 100.000 habitants. Aujourd’hui, elle en compte plus d’un million et elle est un symbole de la modernité de votre pays.

Ma visite officielle intervient après celle effectuée par François MITTERRAND, il y a plus de 20 ans. Monsieur le Président, vous rappelez souvent combien cette visite a été déterminante, deux ans après l’indépendance du Kazakhstan... François MITTERRAND était en effet le premier chef d’Etat européen à venir au Kazakhstan.

En 2008, un partenariat stratégique a été conclu entre nos deux pays. Ma visite a pour objet de développer, d’amplifier, de renforcer encore ce partenariat.

Il est d’abord politique, il est fondé sur la confiance et sur l’indépendance. Utiliser ce partenariat, c’est chercher des solutions à des crises. Nous avons longuement discuté de l’Ukraine ce matin, parce que le Kazakhstan et la France peuvent être utiles pour trouver une issue à ce conflit qui n’a que trop duré.

Je sais que nous partageons aussi une même vigilance à l’égard du terrorisme. La France est intraitable sur cette question. Elle le montre face à Daech, notamment, en Irak. Je sais que là aussi vous êtes mobilisés.

Le Kazakhstan est dans une position centrale, puisqu’il est capable d’être dans l’Union eurasiatique et, en même temps, d’être très lié à l’Union européenne puisque nous venons d’aboutir à un accord de partenariat et de coopération renforcée entre l’Union européenne et le Kazakhstan. Cette position charnière peut faire du Kazakhstan un acteur majeur sur la scène internationale. Il va le montrer à travers la réussite, je n’en doute pas, de l’exposition Astana 2017.

Je veux également que ma visite permette aux entreprises, ici présentes, de bien comprendre la réalité de votre pays et de pouvoir y investir davantage. Je connais votre ambition : faire que le Kazakhstan puisse être parmi les cinq plus grands exportateurs d’hydrocarbure d’ici 2020 et figurer parmi les 30 puissances économiques du monde en 2050. Investir au Kazakhstan, c’est donc prendre part à cette grande ambition et à ce grand projet de développement. Je rappelle que la France est déjà le troisième investisseur étranger au Kazakhstan.

Mais nous devons faire davantage en levant un certain nombre d’obstacle règlementaires (il y en a toujours), en accordant des garanties financières à nos entreprises et en ouvrant de nouveaux chantiers – je pense notamment au tourisme et à l’ouverture de la ligne Paris-Astana en 2015 qui sera un puissant levier.

Il y a de nouveaux secteurs, ceux que vous voulez voir se développer dans votre pays. Je pense à la santé avec le programme « 100 écoles – 100 hôpitaux », aux transports, à l’aéronautique, au ferroviaire, aux énergies renouvelables… Vous êtes parfaitement conscients qu’il faut aller dans ce sens. Je rappelle que Paris tiendra une conférence très importante sur le climat, en décembre 2015. Je suis sûr que vous nous accompagnerez dans ce processus.

Enfin, il y a la coopération universitaire. Ici, autour de vous monsieur le Président, il y a beaucoup de représentants des universités les plus prestigieuses de France. Elles veulent nouer des partenariats, des alliances, avec vos établissements. Un institut « Sorbonne Kazakhstan » a été créé à Almaty. Nous voulons qu’il serve de référence pour d’autres coopérations dans l’excellence universitaire. Vingt conventions de coopération seront d’ailleurs signées à l’occasion du forum universitaire aujourd’hui.

Transmettre le savoir, c’est aussi transmettre sa langue. Nous sommes très attachés à l’enseignement du français au Kazakhstan, comme à l’accueil des étudiants kazakhstanais en France. Nous aurons à être plus ambitieux que nous ne l’avons été jusqu’à présent.

Je sais que vous attachez beaucoup de prix à la culture. Il y a des ballets, le ballet d’Astana, le ballet Preljocaj… Ils mènent des actions croisées tout à fait remarquables. Un partenariat entre la ville de Cannes et la ville d’Almaty prévoit l’organisation de journées culturelles. Un festival du film d’Almaty viendra peut-être compléter celui de Cannes. Je salue ici le maire de Cannes qui est très attaché à ce projet. Nous devons là-aussi multiplier les actions de coopération décentralisée.

Il y a le sport et le mouvement olympique auquel vous participez. Nous voulons multiplier les échanges aussi bien en termes d’organisation qu’en termes de compétition.

Je veux terminer sur cette réalité : le Kazakhstan est non seulement un pays qui connaît un fort développement, mais c’est un pays qui est dans une position stratégique entre l’Europe et l’Asie.

C’est pourquoi le partenariat entre nos deux pays est très important, dès lors que nous partageons les mêmes principes, fondés sur l’indépendance, le respect, le dialogue et une commune ambition de développement. Je pense que nous pouvons donner à la relation entre la France et le Kazakhstan une dimension particulière.

C’est pourquoi je lève mon verre, ce verre de l’amitié pour le Kazakhstan et pour la France.
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Dernière modification : 12/12/2014

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