RAPPORT 2015 DU CONSEIL CONSULAIRE « TEHERAN » AFGHANISTAN, AZERBAIDJAN, IRAN, KAZAKHSTAN, KIRGHIZSTAN OUZBEKISTAN, PAKISTAN, TADJIKISTAN ET TURKMENISTAN

Les activités consulaires des ambassades du Kirghizstan et du Tadjikistan, désormais postes à présence diplomatique (PPD) sont assurées par le poste consulaire d’Almaty (Kazakhstan)*.
I – LA COMMUNAUTE FRANCAISE DE LA ZONE (CR 09/10/2015)

A – ASPECTS DEMOGRAPHIQUES
Les registres de la zone des Français établis hors de France comptent près de 2 973 ressortissants inscrits, 3 000 avec les membres des familles inscrits en protection consulaire. Il s’agit de communautés comprenant des double-nationaux dont le nombre est très différent selon les pays , 16 % pour l’Afghanistan, 7,64 % pour l’Azerbaïdjan, 80 % pour l’Iran, 11,30 % pour le Kazakhstan, 8 % pour le Kirghizistan , 10 % pour le Tadjikistan, 19 % pour l’Ouzbékistan , 50 % pour le Pakistan et enfin 8,64 % pour le Turkménistan. On dénombre deux tiers d’adultes et un tiers de mineurs.
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B – ASPECTS GEOGRAPHIQUES

Dans tous les pays de la zone, la majorité de nos compatriotes réside dans les capitales (politique ou économique). Compte tenu de l’éloignement, certaines circonscriptions consulaires de la zone sont pourvues de consuls honoraires. On peut citer le Kazakhstan, poste qui pour mémoire assure la gestion des communautés françaises du Kirghizistan et du Tadjikistan (deux consulaires honoraires déjà nommés, deux autres en cours de recrutement), ou encore le Pakistan avec deux consuls honoraires présents à Lahore et à Quetta, en plus du Consulat général de Karachi dont les activités consulaires traditionnelles (état-civil, passeports, CNI etc…) sont rattachées au poste d’Islamabad depuis 2007. Il est compétent pour le Sind et le Baloutchistan. Il dispose de son propre plan de sécurité et de ses propres chefs d’îlots.

C- ORGANISATION DE LA COMMUNAUTE

En Afghanistan, en Azerbaïdjan, en Ouzbékistan et au Turkménistan, il s’agit en majorité d’expatriés travaillant pour des sociétés françaises (Bouygues et Vinci notamment) ou internationales (compagnies pétrolières ou para pétrolières et de service). Leur inscription au registre des Français n’excède généralement pas cinq années. Dans les pays à fort taux de double-nationaux, les actifs sont présents notamment dans les secteurs industriels, les services ou encore l’enseignement. Au Kazakhstan, et notamment à Almaty, les actifs sont en majorité des commerçants et des entrepreneurs. A Astana, ce sont en majoré des ingénieurs employés d’Alstom, Airbus, Total
La vie associative est assurée principalement par des associations comme Bakou Bienvenue, Téhéran Bienvenue, ou encore l’association française des conjoints d’agents du ministère des Affaires étrangères, Français du Monde…
Il y a peu de touristes en Azerbaïdjan, L’Ouzbékistan signale que 10 à 15 000 touristes français viennent visiter le pays, ils se rendent principalement à Boukhara et à Samarcande.

II – ACTIONS MENEES DANS LES DOMAINES DE COMPETENCE DU CONSEIL CONSULAIRE

A - PROTECTION ET ACTION SOCIALE (CCPAS)
Seuls les postes d’Azerbaïdjan, d’Iran et d’Ouzbékistan ont présenté des dossiers d’allocataires, soit quatre dossiers au total. L’activité des postes porte en général plus sur les secours occasionnels et l’aide aux Français de passage.

B- ENSEIGNEMENT FRANÇAIS A L’ETRANGER

Dans le domaine de l’enseignement, comme plus généralement de notre présence culturelle dans la zone, la situation est contrastée et varie en fonction des pays
Le succès d’initiatives récentes et de nouveaux développements à venir peuvent être relevés : ainsi l’inauguration des nouveaux locaux du Lycée français de Bakou à la rentrée 2014-2015, la deuxième rentrée de la Section française installée à l’Ecole MIRAS d’Astana à la même date, l’acquisition de nouveaux locaux en avril 2015 par l’Alliance française d’Astana ou encore la forte hausse des inscriptions à l’Institut français de Téhéran tout comme la très forte croissance des effectifs à l’école française de Téhéran à la rentrée 2015 ou encore l’ouverture prévue en 2016 d’une université franco-azerbaïdjanaise (UFAZ) attestent des évolutions positives du dispositif.

A l’inverse, il n’y a plus d’établissement d’enseignement français au Pakistan depuis la fermeture de l’école Alfred FOUCHER d’Islamabad en 2008, l’Alliance française d’Islamabad rencontre des difficultés (celles de Karachi et Lahore se portent bien en revanche) et des incertitudes pèsent sur le devenir de l’Institut français d’étude sur l’Asie centrale, IFRE basé à Bichkek.

S’agissant de l’enseignement français à l’étranger :
En Iran, le seul établissement scolaire homologué par le Ministère de l’éducation nationale est l’école française de Téhéran, établissement à gestion parentale privée sous convention avec l’AEFE. Ses effectifs ont connu à la rentrée 2015 une augmentation importante (+20% soit 347 élèves) qui justifie une réflexion sur les perspectives de construction. 21 bourses scolaires ont été attribuées.
L’école est solidement soutenue par l’AEFE, 1 chef d’établissement (expatrié AEFE), 5 résidents AEFE sur 12 enseignants au primaire ; 4 résidents AEFE + 1 expatrié MLF sur 23 enseignants au secondaire. L’établissement est en bonne santé financière. S’agissant des ressources humaines, la Directrice de l’AEFE, qui s’est rendue en Iran en septembre dernier, a rappelé que, dans le cadre du plafond d’emploi de l’AEFE, un effort de repositionnement stratégique était engagé à la demande conjointe du Ministre et de la ministre de l’Education et que l’Iran était désormais un pays considéré comme prioritaire. Ceci pourrait entre autres se traduire par un examen a priori favorable des demandes de création de postes de résidents, voire d’expatriés, notamment pour l’affectation d’un enseignant à mission de conseil pédagogique. Une vigilance particulière sera également exerce s’agissant de la relève du chef d’établissement à l’été prochain, à laquelle les représentants des parents se sont déjà montrés très attentifs.

Sur le Baccalauréat, une demande a été formulée pour que les élèves de Terminale puissent passer leurs épreuves à Téhéran, en raison des difficultés d’obtention de visas pour Abu Dhabi ou de l’impossibilité d’obtenir un visa à entrées multiples qui oblige certains candidats à séjourner presque un mois à Abu Dhabi ... La dématérialisation de la correction étant généralisée en 2016, le Conseil de gestion s’est déclaré disposé à faire l’investissement requis pour permettre la passation des épreuves en Iran.

Sur le DNB, pour lequel l’établissement relève de l’académie de Lyon (Grenoble pour le baccalauréat), les résultats parviennent au mois d’octobre : une demande a été formulée auprès de l’Agence pour envisager la possibilité de corriger les épreuves à Téhéran, ce qui permettrait de raccourcir les délais d’obtention des résultats.
Un exercice séisme s’est tenu le 7 octobre 2015.
L’école est dotée d’un solide projet d’établissement, qui se décline en quatre axes :
- l’enseignement des langues : vers une éducation plurilingue (avec un enseignement optionnel du persan) ;
- la réussite pour tous : améliorer les résultats de tous les élèves et prendre en charge la difficulté scolaire ;
- les sciences pour découvrir le monde ;
- vivre ensemble : l’école de la citoyenneté.
Ce projet d’établissement s’achevant, l’année scolaire en cours verra la rédaction d’un nouveau projet.
En Azerbaïdjan, l’ouverture du Lycée français de Bakou dans ses nouveaux locaux est effective depuis septembre 2014. La direction du Lycée français prépare cette année un dossier de demande d’homologation du primaire à compter de la prochaine rentrée scolaire. Aujourd’hui, le Lycée comprend 100 élèves dont 11 de nationalité française, 14 des enfants étrangers des pays tiers et 75 azerbaïdjanais. Dans le secondaire, les élèves bénéficient d’un enseignement à distance (CNED) avec l’encadrement d’un professeur et d’une assistante. Les frais d’écolage sont de 10.000 à 37.000 USD dans les écoles internationales et entre 5437 et 7250 € au sein de l’école française.
Quatre bourses scolaires ont été attribuées pour l’année scolaire 2014-2015. Le montant des bourses allouées pour 2014-2015 a été de 35.360 euros.
Pour le Kazakhstan, les implantations scolaires se trouvent à Astana et Almaty

1- Astana :
Un enseignement français homologué, en partenariat avec la Mission laïque française.
La Section française installée à l’Ecole MIRAS d’Astana a fait sa deuxième rentrée en 2015 sous un régime de suivi d’homologation accordé par l’AEFE pour son cycle élémentaire (première rentrée en 2011). Un accord de coopération entre la Mission laïque française (MLF) et la Fondation Nazarbaïev pour l’éducation a été signé en juillet 2011 assorti d’un accord financier entre la Fondation et les entreprises françaises qui ont soutenu le lancement du projet : Total, Airbus, Alstom, et qui garantissent un minimum de 12 élèves – entreprises (au tarif « étranger ») dans le cadre d’un accord financier renouvelé chaque année.
La Section française est actuellement composée de 4 enseignants et 27 élèves qui sont répartis dans trois classes :
• La classe maternelle (de la petite à la grande section) qui accueille les enfants de 3 à 5 ans (effectifs : 4).
• La classe élémentaire (du CP au CM2) qui accueille les enfants de 6 à 10 ans (effectifs : 15).
• La classe du secondaire (de la 6e à la terminale) qui accueille les collégiens et les lycéens (effectifs : 8)
La classe élémentaire de la Section française regroupe les élèves des 5 niveaux, du CP au CM2 (6 à 10 ans). Les élèves suivent un enseignement en direct, assuré par un professeur des écoles détaché du Ministère de l’Éducation nationale. Cet enseignant assure aussi la direction de la Section française. Les cours d’anglais, de russe, d’EPS, de musique et d’arts visuels ainsi que les temps de repas sont assurés par les professeurs de l’École Miras. Les élèves de la Section française sont alors intégrés aux classes de l’école Miras correspondant à leur tranche d’âge.
Les élèves de collège et lycée, de la 6ème à la terminale, étudient avec le CNED (enseignement à distance), pour environ deux tiers des matières, sous la supervision de deux enseignants :
• pour les humanités, un professeur de lettres assurant les matières littéraires et sciences humaines
• pour les sciences, un professeur de mathématiques assurant les matières scientifiques.

Les élèves suivent en outre des cours en présentiel, dans la filière anglophone ou russophone de l’École internationale Miras, au sein des classes correspondant à leur tranche d’âge : anglais, russe, sport, arts, informatique, etc., soit environ un tiers des enseignements. Les élèves de 3ème préparent le diplôme national du brevet, les élèves de terminale préparent le baccalauréat français, et les élèves de première les épreuves anticipées du baccalauréat. En fonction du nombre d’élèves inscrits, un enseignement direct en mathématiques et en français est dispensé par les deux professeurs français en 6ème ou en 5ème. Tous les élèves du secondaire sont inscrits au CNED. Ils fournissent l’attestation d’inscription et l’identifiant au moment de la rentrée scolaire à l’école Miras. Les nouveaux élèves doivent en plus apporter leurs bulletins scolaires et leur avis de passage dans la classe supérieure. L’équipe enseignante se réserve le droit de proposer des tests d’entrée pour tout élève ne venant pas d’un établissement français ou homologué par l’AEFE. Ces tests d’entrée serviront de base pour l’affectation dans la classe la plus adaptée à l’élève.
Les droits d’écolage sont élevés, de l’ordre de 12 000 USD pour la maternelle, et de 20-22 000 USD pour les cycles élémentaires et secondaires. Ils suscitent chaque année de nombreux débats et ne permettent pas de diversifier la base de recrutement (aucun élève kazakhstanais). Le poste mène des négociations avec la direction de l’Ecole MIRAS pour faire baisser le tarif (objectif de réduction par deux, plus si le nombre d’élèves augmente). De plus, ces tarifs sont trop élevés pour offrir une scolarité à des familles aux revenus plus modestes. Il n’y aucune demande en matière de bourses.

2- Almaty :
Un enseignement français sans homologation (34 élèves).
La section offre une alternance d’enseignements présentiels et de cours à distance dispensés par le CNED, l’opérateur national français. Elle revêt la forme d’une section bilingue francophone au « Collège international de formation continue » et vient d’effectuer sa seconde rentrée. Elle comporte deux classes multiniveaux :
• la « maternelle » : 14 élèves, classe ouverte à l’inscription aux ressortissants Français en priorité puis à tous ;
• la « primaire » : 21 élèves (dont 1 en sixième), ouverts aux Français et à tout enfant déjà francophone.
Les cours sont dispensés par 2 enseignantes françaises et 1 enseignant kazakhstanais.
Suite à l’analyse des exigences des parents consultés pour une scolarisation en français à Almaty et en concertation avec la direction du Collège international de formation continue, il a été décidé d’offrir un enseignement bilingue paritaire avec 50% de contenu local et 50% de contenu français.
Le principe de fonctionnement de la classe élémentaire est assez similaire à celui de la classe de maternelle :
• le matin de 9h30 à 13h00, les enfants suivent le programme local correspondant à leur niveau (CP=1ère classe ; CE1=2ème classe etc.), soit quatre leçons de 40 minutes.
• l’après-midi de 13h00 à 16h30, ils rejoignent la classe de français.
Le détail du programme de formation intègre les éléments de contenu local suivants : langue russe, mathématiques, anglais et langue kazakhe (en option). Le programme français comprend un enseignement de langue française, de mathématiques (en fonction du programme du matin) et des matières artistiques et d’éveil.
Les enfants francophones ne maîtrisant pas le russe bénéficient de cours de russe individuels de soutien pendant les trois premiers mois. Il en va de même pour les Kazakhstanais non-francophones qui rencontrent des difficultés avec la langue française.
Les tarifs sont de l’ordre de 6 à 7000 euros / an.
Au total, c’est plus d’une soixantaine d’enfants et d’adolescents, et bien entendu leurs familles, qui sont les premiers bénéficiaires de ce dispositif, qui a vocation à s’élargir aux jeunes kazakhstanais et à être reconnu par les autorités éducatives du pays. Les deux projets sont différents. Ils doivent être mis en regard des attentes des parents et des paramètres socio-économiques des deux communautés : si les expatriations courtes sont prépondérantes à Astana, Almaty concentre des familles installées de longue date, dont le niveau de vie est plus modeste.
En Ouzbékistan, l’école française de Tachkent fondée en 1997 est une école associative. Les ressortissants ouzbeks forment 80% des 130 élèves. L’établissement est homologué pour la maternelle et le primaire. Le secondaire est effectué via le CNED. L’école a un accord de partenariat avec l’AEFE.
Une famille franco-ouzbèke bénéficie d’une aide à la scolarité de son enfant de 100%

Au Pakistan, depuis la fermeture de l’école Alfred FOUCHER d’Islamabad en 2008. Il n’y a plus d’établissements d’enseignement français au Pakistan.

C - ELEMENTS DE CONJONCTURE ECONOMIQUE ET SUR L’EMPLOI
AZERBAIDJAN

L’économie azérie reste fortement dépendante des hydrocarbures malgré les ambitions de diversification. Les priorités affichées par le gouvernement sont l’agriculture, l’industrie, les transports, les services et le tourisme. Pour autant, la diversification de l’économie ne semble pas réellement engagée. A moyen terme, l’objectif affiché par le gouvernement dans son projet « Azerbaïdjan 2020 » est d’atteindre un PIB par habitant de 13 000 USD, pour environ 8 000 aujourd’hui.
L’économie azérie a progressé de 2,8% en 2014, en recul de 5,8% en glissement annuel, une tendance s’expliquant par une contraction des activités non pétrolières et pétrolières. Le PIB devrait croître de +4,2% en glissement annuel sur les 8 premiers mois de 2015 grâce notamment au secteur de la construction, tiré par la dépense publique. Il existe cependant des craintes sur l’ensemble de l’année, en raison d’une revue à la baisse des investissements publics en raison de la chute des prix du baril de brut.

OUZBEKISTAN
Après avoir atteint 8% en 2014, la croissance a légèrement ralenti sur le 1er trimestre de l’année 2015, à 7,5% en glissement annuel. Dans un contexte marqué par le ralentissement de l’ensemble des économies des pays de la région, la croissance ouzbèke reste soutenue, portée par les investissements publics dans le secteur de la construction, les services et les exportations. La question de l’emploi demeure un défi majeur pour le pays, qui doit absorber chaque année 500 000 jeunes supplémentaires. La situation économique de la Russie crée par ailleurs un risque de retour plus ou moins rapide des Ouzbeks migrants (6 à 12% de la population du pays).

KAZAKHSTAN
Suite au passage à un régime de changes flottants fin août 2015, le tenge a perdu un tiers de sa valeur. La Banque centrale est contrainte à des interventions massives. Dans ce contexte, l’inflation accélère : les prix ont augmenté en moyenne de 1% entre août et septembre, soit plus qu’entre février et août. Le système bancaire reste fragile et la qualité des crédits est à nouveau en baisse. Les finances publiques sont sous tension et le budget a été recalculé sur une base d’un baril de pétrole à 40 USD et d’une croissance de 2,1% en 2016 (2% selon Moody’s). L’intégration dans l’Union économique eurasiatique apparaît à ce stade plus comme une contrainte que comme un relai de croissance.

PAKISTAN
Une croissance plus dynamique qui demeure en deçà de son potentiel : la croissance économique a connu une légère accélération depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Sharif en mai 2013 : +4,1% sur l’exercice budgétaire 2014 (juillet 2013-juin 2014), +4,2% en 2015 et 4,5% anticipés pour l’exercice en cours contre 3,7% en moyenne sur la période 2011-2013. Elle demeure toutefois très en deçà de son potentiel ainsi que du niveau (6 à 7% annuel d’après la Banque Asiatique de Développement) qui permettrait d’absorber les quelques 3 millions de demandeurs d’emplois supplémentaires qui se présentent chaque année sur le marché du travail. Trois principales raisons : la persistance de la crise énergétique, la précarité du contexte sécuritaire et la mal gouvernance.
L’inflation est à son plus bas historique (1,6% en glissement annuel en octobre 2015, de l’ordre de 5% au terme de l’année en cours), en raison pour l’essentiel de la chute des prix du pétrole (1er poste d’importations). Avec un déficit budgétaire équivalent à 5,3% du PIB au terme de l’exercice 2015 (vs 5,5% en 2014 et 8,3% en 2013), les autorités pakistanaises ont poursuivi leurs efforts de consolidation grâce à une meilleure maîtrise des dépenses.

IRAN

L’économie iranienne tourne au ralenti, dans un environnement qui demeure très contraint : Ce sont moins les effets de la baisse des cours du baril depuis un an que ceux des sanctions internationales (en place a priori jusqu’à début 2016) qui contraignent la reprise de la croissance iranienne. La dépense publique reste en effet limitée par les ventes plafonnées de pétrole brut et surtout la possibilité de ne rapatrier qu’une petite partie de ces avoirs. Les recettes fiscales pâtissent par ailleurs d’une activité réduite des entreprises et des ménages. Les investisseurs privés (étrangers compris), s’ils se préparent activement à l’après-sanction, n’ont pas encore pris leurs décisions d’investissement et attendent des signaux sans appel. Enfin, les ménages, qui déjà réduisaient leurs dépenses depuis plusieurs mois, reportent leurs achats principaux espérant, à tort ou à raison, des effets sur les prix et sur l’arrivée de nouveaux produits à l’issue de la levée des sanctions (automobile, produits bruns, etc.). Par ailleurs, avec une inflation ramenée à environ 15 % en glissement annuel, ménages et investisseurs sont plutôt encouragés à maintenir leur épargne en banque, les taux d’intérêt restant compris entre 20 et 25% (davantage auprès des institutions financières non régulées). Ces facteurs cumulés contribuent ces derniers moins à un ralentissement notable de l’économie iranienne, laquelle avait pourtant engagé un léger redémarrage entre la mi 2014 et les premiers mois de 2015 à la faveur de quelques marges en dépenses publiques. Ainsi, alors que l’économie iranienne avait enregistré une progression de 4,3% selon les dernières données du FMI sur l’année fiscale mars 2014 / mars 2015, le Fonds prévoit une croissance de 0,8% sur l’année 2015/2016, le responsable de la mission Article IV indiquant pour sa part dans une déclaration publique le 5 octobre une croissance 2015/2016 possible comprise entre 0,5 et -0,5%.
Du calendrier de levée des sanctions, et surtout de l’analyse que feront de la situation les grands opérateurs économiques, les banques en premier lieu, dépendra le rythme de reprise de l’économie iranienne. Cela vaudra en particulier pour les modalités de rapatriement d’une partie des avoirs iraniens bloqués à l’étranger (et dans quelles proportions), et surtout de la reprise par les grandes banques de leur exposition sur le pays, pour des opérations de financement du commerce international et du financement de projet. En effet, les énormes besoins en investissements, en infrastructures par exemple (de l’ordre de 200 à 250 Mds USD) ne sont pas financés et ne le seront que marginalement par de l’investissement public. Les investisseurs privés souhaiteront également panacher leurs investissements avec des crédits bancaires. Les investisseurs étrangers n’auront recours qu’à des banques étrangères, les banques locales intervenant généralement peu en financement de projet, et n’ayant de toute façon en raison de leurs fragilités que peu de marges de manœuvre. Le retour en Iran des grandes banques, peu probable avant la mi-2016 au mieux, conditionnera donc le démarrage d’une croissance économique solide.
Pour ces raisons, 2016 devrait être en termes de croissance une année de transition, avant une reprise plus conforme aux niveaux d’avant sanctions (6 à 8 %) à compter de 2017. Le FMI prévoit ainsi une croissance de 4,4% en 2016 (année 2016/2017), qui proviendra largement de la hausse du PIB hydrocarbures (+18%), à la faveur d’une rapide mise sur le marché de 600 à 700.000 barils/jours supplémentaires, contre + 2,8% pour le PIB hors hydrocarbures.
Accès des français à l’emploi
Les établissements publics français (Ambassades, écoles, instituts de langues, etc.) et les entreprises privées (et encore, dans plusieurs pays, on trouve de la main d’œuvre locale bien formée) absorbent l’essentiel de l’emploi des Français dans la région. Ceci s’explique largement par des restrictions d’accès au marché du travail local aux ressortissants étrangers, plus ou moins lourdes. En Azerbaïdjan par exemple, il existe une préférence nationale pour l’emploi, mais des exceptions possibles pour des domaines où les compétences locales sont insuffisantes (hydrocarbures, construction, ingénierie, etc.), avec une contrainte spécifique : justifier de 5 ans d’expérience dans le même secteur (ce qui pose problème pour les VIE). C’est aussi le cas en Iran, où la situation pourrait toutefois changer à la faveur d’un retour soutenu des entreprises étrangères et de la mise en œuvre de grands projets (hydrocarbures, infrastructures, etc.).

D – SITUATION SECURITAIRE DANS LA REGION
I. Analyse du risque
1- Dans la circonscription du conseil consulaire, les deux pays où la sécurité est la plus difficile sont l’Afghanistan et le Pakistan. Le problème est lié à la situation politique interne de ces pays et au risque d’affrontements politiques ou religieux, à la criminalité (drogue, contrebande), et aussi au fait d’être Français compte tenu de l’engagement de notre pays contre Daesh et contre le terrorisme.
Ailleurs les incidents les plus violents sont plus limités, et parfois plus anciens (mais dans certains cas des zones ont été minées durant un conflit armé, et des avalanches ou des glissements de terrain ont déplacé les mines) : affrontements entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie dans le Haut Karabakh ; tensions aux confins de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan et du Kirghizistan ; risques liés aux frontières afghanes, aux frontières russo-azérbaïdjanaises et aux problématiques du nord-est du Caucase.

2- Il existe depuis l’été 2014 un sujet spécifique lié aux opérations françaises contre Daech. Ce risque concerne d’abord la sécurité en France, où nos forces armées ont été engagées. Dans la région, il est plus fort en Afghanistan. Au Pakistan la situation reste volatile même si le terrorisme est contraint de faire évoluer ses pratiques, sous le coup d’un engagement plus massif de l’armée pakistanaise (certaines zones du pays sont passées de rouge à orange -« déconseillé sauf raison impérative »- dans nos conseils aux voyageurs). En Iran le risque se limite à la frontière occidentale. Dans les autres pays de la circonscription une vigilance s’impose, qui a été rappelée par les chefs de postes concernés. Des groupes affiliés à Daesh ont étendu leur champ d’action depuis 2015 (Afghanistan, Bangladesh) ; mais on n’a pas encore de trace de leur présence en Asie centrale.
En réaction plusieurs pays de la région ont renforcé leurs contrôles sur les frontières, les points d’entrée et les installations sensibles. Ceci peut également exposer des ressortissants étrangers de bonne foi (arrestation d’étrangers prenant des photos, ou possédant certains matériels de communication ou de prise de vue : cas récents en Iran, au Kirghizistan par exemple).

3- Le principal risque naturel dans l’ensemble de la région est le risque sismique, qui touche tous les pays à des degrés divers. Le séisme récent dans l’Hindukoush, qui a fait des dégâts en Afghanistan et au Pakistan, l’illustre. Les risques (importants) d’inondations et de glissements de terrain sont surtout liés aux moussons, donc pour l’essentiel au Pakistan.

4- La situation sanitaire dépend d’abord de la faiblesse des infrastructures (pollution de l’eau, conditions d’hygiène, insuffisances des infrastructures médicales, hospitalières, pharmaceutiques), plutôt qu’à des maladies transmissibles. La pollution atmosphérique est en hausse dans les villes, qui abritent l’essentiel de nos ressortissants. Il faut signaler également l’héritage soviétique dans certains pays (érosion des sols et pollution induite en mer d’Aral ; cas particulier des polygones d’essais nucléaires soviétiques au Kazakhstan, qui génèrent encore une forte radioactivité).
Les maladies transmissibles présentent un risque relativement limité, à l’exception du Pakistan (poliomyélite, paludisme en saison, dengue), de l’Afghanistan (grippe A) et du Tadjkistan (cas de poliomyélite). En Afghanistan et au Pakistan les faiblesses des campagnes de vaccinations augmentent le risque de certaines maladies à l’avenir. Partout dans la région le risque de résurgence de maladies transmissibles revient au premier plan (du fait d’une trop faible vaccination, d’une dégradation de la situation dans la région et du changement climatique). On signale par exemple des cas de choléra à Najaf et Bagdad en septembre ; l’épidémie de coronavirus n’est pas non plus jugulée ; or ces épidémies peuvent déborder sur la circonscription électorale.

5- Dans plusieurs pays de la région les centres urbains sont exposés à un risque industriel : installations vétustes, ignorance des procédures de sécurité, défaut d’information des populations civiles.

6- La criminalité est généralement faible, à l’exception notable du Pakistan (où le risque d’enlèvement est en hausse) et de l’Afghanistan, mais elle est globalement en hausse. En outre certaines régions deviennent plus difficiles, notamment pour les touristes hors des grandes villes : c’est le cas en Iran, où le tourisme est en croissance.

7- La sécurité routière est un risque dans la plupart des pays de la région, dès lors que nos compatriotes sont amenés à sortir des principales villes.

8- Le transport aérien international est assuré par des appareils occidentaux correctement entretenus (à la notable exception de l’Afghanistan, dont toutes les compagnies sont interdites dans l’Union européenne). En revanche les lignes intérieures, avec des appareils de fabrication russe dans la plupart des pays de la circonscription, sont plus fragiles.


II. Nature des communautés françaises

1- Le plan de sécurité de chaque ambassade dépend largement de l’effectif et de la nature de la communauté française du pays. Au Turkménistan ou en Azerbaïdjan il est très étroitement lié à celui des entreprises (entreprises du BTP ou du secteur pétrolier). En Afghanistan et au Pakistan il doit tenir compte d’une communauté française plutôt associative, mais globalement bien sensibilisée.

2- Dans la plupart des pays de la circonscription la communauté française est l’une des principales communautés européennes du pays (sauf au Pakistan et en Afghanistan). Mais la proportion de binationaux diffère, or la demande des binationaux, mieux intégrés et plus durablement installés, est souvent différente de celle des expatriés. Par ailleurs la France reste plus active que beaucoup de ses partenaires européens dans la gestion de la sécurité de ses ressortissants.

3- Les Français de passage constituent une population hétérogène. Dans l’ensemble de la région c’est moins le parcours que la façon de voyager qui fait la différence, entre des groupes de touristes bien encadrés (par les voyagistes et par les autorités locales : Iran, Turkménistan, Ouzbékistan, Kazakhstan) et d’autre part des voyageurs individuels plus aventureux (Iran, toute l’Asie centrale, parfois l’ouest de l’Afghanistan). Les voyageurs d’affaires devraient constituer une catégorie spécifique en croissance en Iran dans l’année à venir.

III. Mesures prises

1. L’éloignement des bases militaires françaises (sauf le cas particulier de l’Afghanistan) et des accès maritimes (sauf le cas du sud du Pakistan) oblige à penser nos mesures d’urgence en termes de confinement, puis d’évacuation par voie aérienne si besoin. L’Asie centrale ex-soviétique et l’Iran disposent de secours locaux relativement bien organisés (ministères des situations d’urgence sur le modèle russe, croissant rouge iranien). Ailleurs la réponse est organisée de façon plus désordonnée par différent types d’acteurs, gouvernementaux (armée) ou non.

2. Comme signalé plus haut, les ambassades de la circonscription ont fait à l’été un rappel spécifique de vigilance lié à l’impact des opérations françaises contre Daech.

3. Toutes les ambassades mettent à jour un plan de sécurité informatisé, qui permet à chacune de connaître l’analyse du risque des pays limitrophes. En outre le ministère des affaires étrangères peut extraire ces données et les utiliser pour une action depuis Paris ou depuis un pays voisin.

4. Toutes les ambassades procèdent à au moins une réunion annuelle du Comité de sécurité. Les conseils aux voyageurs sont régulièrement mis à jour, sur proposition des postes de la région (les normes ISO auxquelles le MAEDI a adhéré imposent un réexamen régulier, et la durée de vie des ajouts dans les rubriques « dernière minute » est limitée à 90 jours). Des conseils aux voyageurs d’affaire, qui mettront l’accent sur les conditions d’entrée et de séjour de ce public, sont en cours d’élaboration dans les postes de la région.

Dernière modification : 08/01/2016

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