Discours de l’Ambassadeur de France à Astana

Mes chers compatriotes,

Nous avons été attaqués au cœur de notre capitale le 13 novembre.
Sur décision du Président de la République, l’état d’urgence est déclaré, le contrôle aux frontières est rétabli. Entre tristesse et fureur, entre abattement et colère, entre vertige et peur, nos sentiment alternent, se mélangent et nous agitent. Un deuil national a été décrété pour trois jours.
Que dire dans un tel moment ?
Simplement ceci : il faut lever les yeux, regarder autour de soi et constater l’immense vague de solidarité qu’ont levé les attentats abjects de vendredi soir.
Au Kazakhstan comme partout ailleurs, des plus hautes autorités aux anonymes, des responsables d’Etat à nos voisins de palier, les témoignages de sympathie affluent. Ils sont spontanés, ils sont sincères, ils vont droit à l’essentiel : une compassion pure pour des innocents fauchés à 6000 km par une folie meurtrière aussi aveugle que fanatique, un profond respect pour une Nation délibérément et sauvagement agressée. Peu de pays peuvent se prévaloir de susciter une telle émotion mais c’est le cas du nôtre et c’est la leçon à retenir : personne n’est resté indifférent à ce qui arrivé à Paris parce que la France ne laisse pas indifférent, que chacun se projette dans les victimes, et parce que nos couleurs signifient quelque chose. On les voit sur les monuments emblématiques de Berlin, Londres, Tel-Aviv, Rio, New York et Astana. Sachons en prendre la mesure : notre devise mentionne la fraternité, le monde, aujourd’hui, l’arbore.

Pour les familles et leurs proches vers lesquels vont nos pensées, un numéro d’assistance est accessible depuis l’étranger : +33 (0)1 45 50 34 60.

Notre Histoire est jalonnée d’épreuves rudes et nous en affrontons une nouvelle. Nous allons la surmonter car nous ne sommes pas seuls, nous ne devons céder ni à la peur ni à l’emportement et si nous sommes meurtris, nous sommes toujours debout. Nous sommes en guerre contre le terrorisme, nous avons tous les moyens de gagner cette guerre dès lors que nous faisons bloc.

En songeant aux victimes, une autre conviction doit nous habiter : justice sera faite. Dans une République comme la nôtre, tous les responsables d’attentats sont châtiés, quels que soient le temps et les efforts à consentir. En la matière, la patience de l’Etat n’a d’égale que sa détermination. Et sa détermination, le Chef de l’Etat l’a dit, est absolue.
L’ambassade est en contact permanent avec les autorités kazakhstanaises qui ont mis en place les mesures nécessaires pour renforcer la surveillance et assurer la sécurité de la communauté française.
Un livre de condoléances est ouvert à l’ambassade à compter de ce lundi 16h00.
Pour marquer notre solidarité à l’égard de nos compatriotes assassinés, je vous invite à vous joindre à la minute de silence observée ce lundi 16 novembre à midi heure de Paris, il sera 17h00 à Astana et à Almaty.

Francis ETIENNE
Ambassadeur de France au Kazakhstan

Dernière modification : 16/11/2015

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