Kazakhstan : partenaire important en Asie centrale pour Paris et Berlin [ru]

Le 22 janvier 1963, le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer signaient le "Traité de l’Elysée" qui, après des décennies d’affrontements sanglants, scellait la réconciliation franco-allemande. L’objectif était, au sortir de la seconde guerre mondiale, d’empêcher à tout prix que la rivalité franco-allemande soit le point de départ de nouveaux conflits armés en Europe et dans le monde, et au contraire de faire en sorte que la coopération franco-allemande devienne le moteur qui rende chaque jour plus irréversible l’intégration entre les pays de l’Europe unie.

Cette idée reste plus que jamais d’actualité, alors que les difficultés de la zone euro secouent les fondements mêmes de cette intégration. Dès l’émergence de la crise des dettes souveraines, la France et l’Allemagne n’ont eu de cesse de prendre des initiatives communes pour à la fois renforcer la solidarité entre les Etats membres de la zone euro et de l’UE et créer les conditions d’un retour durable à des finances publiques saines et à la croissance.

Depuis le début de la crise, l’Allemagne et la France travaillent ensemble, ainsi qu’en étroite collaboration avec leurs partenaires de la zone euro, à l’adoption d’un ensemble cohérent de mesures pour renforcer la coordination des politiques économiques et de stabilisation financière qui constituent un pas décisif vers une Union européenne de la stabilité et une gouvernance renforcée de la zone euro.

Nous sommes engagés en faveur d’une gouvernance économique plus étroite entre les Etats membres de la zone euro, qui implique l’innovation, la compétitivité, l’emploi et la diversification industrielle. Ainsi, des engagements forts ont été pris pour respecter les critères de stabilité par des réductions supplémentaires de dépenses et une plus grande discipline budgétaire. A l’avenir, les pays de la zone euro, qui enregistreront des déficits excessifs, s’exposeront à des sanctions automatiques.

Grâce à l’action combinée du redressement des finances publiques et des mesures de relance économique, la France et l’Allemagne veulent montrer non seulement qu’elles s’engagent pour la stabilisation de la monnaie européenne, mais aussi qu’elles veulent une Europe moderne, forte et compétitive.

Il est dans l’intérêt de la stabilité économique mondiale, y compris dans l’intérêt d’une économie émergente en croissance rapide comme celle que connaît le Kazakhstan, que cette stratégie réussisse dans les prochains mois.

Cette question a été évoquée entre le Président Nazarbaev et le Président Sarkozy, en octobre dernier à Paris, et le sera à nouveau lors de la prochaine rencontre, à Berlin, entre le Président Nazarbaev et la Chancelière Angela Merkel.

L’Allemagne et la France soutiennent naturellement le projet d’accord de partenariat et de coopération renforcé entre l’Union européenne et le Kazakhstan, actuellement en cours de négociation.

Le Kazakhstan revendique un positionnement "eurasiatique", dans lequel la composante européenne est fondamentale, comme en témoigne l’adoption du programme "la voie vers l’Europe", qui vise à rapprocher le corpus réglementaire interne du Kazakhstan des standards de l’Union européenne.

Les progrès réalisés dans ce domaine ont permis au Kazakhstan d’assumer avec succès la présidence de l’OSCE en 2010. Le sommet d’Astana restera comme un jalon très important dans l’histoire de l’organisation.

Le Kazakhstan vient de célébrer avec une légitime fierté le vingtième anniversaire de son indépendance. Nous avons été impressionnés par la qualité et la dignité des cérémonies organisées à cette occasion, auxquelles nous avons représenté nos gouvernements respectifs.

Les évènements tragiques récents de Janaozen nous ont profondément touchés et nous présentons toutes nos sincères condoléances aux familles et proches des victimes. Nous saluons l’engagement des autorités kazakhstanaises d’enquêter sur le déroulement de ces évènements ainsi que les dispositions prises pour associer des experts étrangers indépendants afin que toute la lumière soit faite.

Nous sommes attachés à la stabilité à long terme du Kazakhstan, de ses acquis internationalement reconnus en termes d’harmonie interethnique et interreligieuse.

En ce début de XXIème siècle, qui apporte de profonds bouleversements à l’échelle du monde, la véritable stabilité ne peut s’obtenir qu’au prix de réformes économiques, sociales, politiques continues. Tous les pays et acteurs de la vie internationale sont confrontés à cette exigence : la France, l’Allemagne, l’Union européenne, aussi bien que le Kazakhstan.

A cet égard, les dernières élections pour le renouvellement du Majilis, malgré les insuffisances constatées par la mission d’observation de l’OSCE, marquent une évolution vers un niveau plus élevé de pluralisme politique.

La modernisation du Kazakhstan passe, comme l’a bien compris le Président Nazarbaev, par la diversification de son économie, la création d’activités à forte valeur ajoutée et innovantes. Les entreprises allemandes et françaises apportent déjà et souhaitent continuer d’apporter une contribution majeure à cette modernisation, même si elles sont parfois compétitives dans les affaires économiques. Quel plus beau symbole de réussite franco-allemande au Kazakhstan que le projet d’assemblage d’hélicoptères réalisé entre l’entreprise franco-allemande Eurocopter et Kazakhstan Engineering !

Nous célébrerons bientôt le vingtième anniversaire de l’établissement de relations diplomatiques entre nos deux pays et le Kazakhstan ; en tant qu’Ambassadeurs d’Allemagne et de France, nous sommes résolus à travailler au développement continu de relations amicales et fructueuses dans tous les secteurs avec le Kazakhstan ; nous croyons plus que jamais en son avenir.

Jean-Charles BERTHONNET
Ambassadeur de France

Guido HERZ
Ambassadeur d’Allemagne

Dernière modification : 23/01/2012

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