Discours du Président de la République Française lors de la Réception de la Communauté française à Astana

Discours du Président de la République Française lors de la Réception de la Communauté française à Astana

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Réception de la Communauté française à Astana

Mesdames, Messieurs les Ministres qui m’accompagnent pour cette visite officielle au Kazakhstan,

Mesdames, Messieurs les Parlementaires,

Mesdames, Messieurs les chefs d’entreprise, puisque beaucoup sont venus,

Mesdames, Messieurs les Présidents d’université, car il y aura de nombreux accords qui vont être passés entre les établissements du Kazakhstan et nos universités,

Monsieur l’Ambassadeur qui nous recevait ici, dans cet hôtel,

Mesdames, Messieurs les représentants des Français qui vivent ici et qui participent au développement de ce pays et à notre relation avec le Kazakhstan depuis plus de 20 ans,

Lorsque le Kazakhstan a accédé à l’indépendance, il n’était pas parmi les pays les plus prometteurs. Pourtant, il affirmait sa volonté de développement. En 1993, François MITTERRAND, Président de la République, a effectué une visite au Kazakhstan. C’était le premier chef d’Etat européen à faire ce choix. Je dois dire que, 20 ans après, il nous permet d’avoir la relation que nous avons aujourd’hui avec le Kazakhstan.

Nous avons ensuite conclu un partenariat stratégique en 2008, mais il y a eu surtout, grâce à vous, un développement considérable des investissements français au Kazakhstan dans de nombreux domaines. Dans le domaine énergétique, c’était au départ ce qui paraissait le plus évident (Total a joué un rôle majeur), mais également dans les domaines des transports, des technologies nouvelles, de la ville durable.

Ensuite, une coopération culturelle et universitaire s’est établie à travers des évènements auxquels vous avez participé. Des saisons culturelles croisées ont permis d’avoir ici des spectacles français et même des artistes français parmi les plus célèbres.

Je veux saluer tout particulièrement toutes celles et tous ceux qui contribuent à l’enseignement du français. Il y a à peu près 20 000 Kazakhstanais qui acceptent de suivre un enseignement en français. Grâce à vous, des jeunes Kazakhstanais viennent en France suivre des cours et notamment des cursus universitaires en français. 400 étudiants kazakhstanais sont reçus chez nous. Avec les bourses qui sont délivrées par le Kazakhstan, nous pouvons envisager d’augmenter encore le nombre de Kazakhstanais qui vont être reçus en France.

Au cours de cette visite, le Président Nazarbaev m’a confirmé, une fois encore, que le Kazakhstan voulait être au cœur de l’Asie et de l’Europe par sa position géographique et sa position politique. Il est capable à la fois de signer un accord avec l’Union européenne et, en même temps, d’entrer dans l’Union économique eurasiatique.

En fait, il ne faudrait surtout pas freiner ce mouvement. C’est important pour la France d’avoir un partenaire capable de commercer avec les uns et avec les autres. Je crois qu’il y a eu sûrement une forme de rigidité de la part de l’Europe - et on en a vu les conséquences en Ukraine – en encourageant des choix presque irrémédiables. Soit c’était l’accord d’association avec l’UE, soit c’était l’Union douanière eurasiatique. En définitive, on a besoin de pays qui sont à la charnière. Le Kazakhstan en est un. Ce que j’ai dit au Président Nazarbaev, c’est que nous étions tout à fait ouverts à cette perspective et que nous voulions accélérer encore nos échanges et nos investissements ici.

Je voulais vous remercier pour ce que vous faites ici. Vous êtes des représentants de différents corps de métiers. Il y a des fonctionnaires, qui travaillent notamment à l’ambassade. Il y a des enseignants et des personnels qui contribuent à la diffusion de la culture française – je pense au réseau de l’Alliance française. Et puis il y a des cadres et des employés des entreprises.

Je pense qu’il y a aussi la reconnaissance du savoir-faire français technologique, des talents français, des chercheurs français, des universitaires français… La meilleure preuve, c’est que nous allons pourvoir signer 20 accords entre des universités françaises et des universités du Kazakhstan. Je pense que c’est très encourageant.

Il y a également une très grande confiance qui nous est faite sur le plan politique. La France est très attendue ici et vous en avez surement les preuves chaque jour.

Nous avons aussi une coopération décentralisée. C’est pour cela que je suis venu avec des élus, le maire de Cannes, l’adjointe au maire de Grenoble et des sénateurs. Il est très important qu’entre les villes du Kazakhstan et les villes françaises, il y ait des liens.

Nous pouvons renforcer notre coopération en matière de ville durable. J’en parlais tout à l’heure. Grenoble peut être une ville motrice de ce point de vue. Les villes sont en train de se développer au Kazakhstan. C’est un grand sujet ! Je voyage autant qu’il est possible pour défendre les intérêts de la France, pour promouvoir notre pays… Ce qui me frappe, dans les pays émergents, c’est que les villes sont construites avec les mêmes schémas, les mêmes équipements, les mêmes infrastructures... On peut aller, de ville en ville, du Moyen Orient jusqu’au Caucase, on a toujours le même urbanisme…

Or il est très important que la France donne une idée de la ville, montre qu’il est possible d’avoir une organisation de la ville, et de ses modes de transport, qui puisse préfigurer ce que va être, ce que devrait être le monde de demain.

C’est pour cela que l’exposition internationale qui va se tenir, ici à Astana en 2017, sera très importante. Nous devons prendre toute notre part pour montrer ce que peut être une ville humaine, car je pense que la France apporte cette part d’humanité. C’est la raison pour laquelle nous accueillerons aussi la conférence sur le Climat en décembre 2015. J’espère que l’on arrivera à éclairer, à indiquer ce qui pourrait être un nouveau modèle de développement.

Je voulais aussi insister sur ce que l’on peut montrer des qualités de la France à l’occasion de cette exposition internationale. La France veut organiser de grands événements sportifs et des pays sont aussi candidats pour ces événements sportifs. De plus en plus, les pays émergents veulent être candidats. Nous devons être les meilleurs, à la fois pour les accompagner dans leur volonté d’accueillir des événements sportifs et pour les organiser. C’est quand-même la meilleure façon de faire la démonstration de nos capacités ! C’est pour cela que le mouvement sportif m’accompagne aujourd’hui, pour que nous puissions en apporter la preuve et la démonstration.

Enfin, je voulais vous féliciter pour votre présence au Kazakhstan. La vie y est sans doute agréable mais elle peut être aussi austère. Vous êtes une communauté qui représente à peu près 400 inscrits. Ce n’est pas considérable ! Ceci fait qu’un Français sur deux est venu à cette réception ! J’en suis vraiment très heureux et je vous en remercie du fond du cœur.

Je pense que, quand on a une communauté aussi active, nous devons être solidaires. Il était très important que je puisse vous rencontrer, que je puisse vous soutenir, que je puisse vous dire combien nous sommes fiers de vous et combien la France a besoin de vous. C’est quand même une chance d’avoir partout dans le monde une communauté !

Dans la communauté française, on peut tout dire… Mais il y a toujours des gens qui disent : « c’est terrible, il y a beaucoup de Français qui s’expatrient ». Non, il y a beaucoup moins de Français qui s’expatrient qu’il n’y a d’Allemands ou de Britanniques qui s’expatrient… On a besoin d’avoir cette présence partout dans le monde. Faut-il encore que l’on puisse en tirer la meilleure part, que vous puissiez vous-mêmes revenir dans votre pays, lui apporter ce que vous avez pu tirer comme expérience de votre présence ici. Faut-il aussi que votre pays vous soutienne quand vous êtes à l’extérieur.

Je voulais à l’occasion de cette réception, avant que nous prenions l’avion pour aller à Almaty, dans l’autre grande ville du Kazakhstan, son ancienne capitale, où des ressortissants français nous attendent aussi, vous exprimer ma gratitude et ma fierté de savoir que vous faites rayonner la culture, l’économie, la science et la recherche de la France.

Merci,

Vive la République et vive la France !

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Dernière modification : 13/07/2015

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